Derniers remords avant l'oubli - Théâtre du Pavé

 Derniers remords avant l'oubli

de Jean-Luc Lagarce

© Editions Les Solitaires Intempestifs

 

Création en février 2oo5 au Théâtre du Pavé et au Grenier Théâtre

Reprise du 29 septembre au 8 octobre 2oo6 au Théâtre du Pavé

 

Compagnie "Les vagabonds"

 

Mise en scène : Francis Azéma

Interprétation : Corinne Mariotto, Sylvie Maury, Cécile Maidon,

Francis Azéma, Denis Rey, Philippe Poulain

Costumes et décors : Noémie Le Tily et Philippe Lacomblez

Création lumière : Michael Vigier

Jean-Luc Lagarce - Photo Michel Queneville

Création février  2oo5 / Festival "Lagarce..."

© Editions Les Solitaires Intempestifs - Photo Michel Queneville

 

Derniers remords avant l'oubli - Les vagabonds - Théâtre du Pavé - Photo Patricia Tastet Derniers remords avant l'oubli - Les vagabonds - Théâtre du Pavé - Photo Patricia Tastet

 Denis Rey, Francis Azéma, Corinne Mariotto

 Sylvie Maury, Philippe Poulain, Denis Rey

 

Gilbert Baqué, dans Nouvelles 31, mars 2oo5

"Remercions Francis Azéma de nous avoir convié à une découverte. Ou re-découverte peut-être… N'empêche : dans cet étrange univers qu'est le théâtre, voici qu'il devenait urgent de remettre en pleine lumière une oeuvre parmi les plus passionnantes de notre temps. Celle de Jean-Luc Lagarce. Météore disparu à 38 ans, en 1995, cet immense auteur nous laisse un nombre assez considérable de pièces, de récits, de pages d'un journal… […]

Le franc succès obtenu par la première pièce, "Derniers remords avant l'oubli", témoigne déjà de la nécessité qu'il y avait à tenter l'aventure. D'autant que, si gageure il y a, elle ne cesse de nous ramener à ce que nous avons la faiblesse de considérer comme l'essentiel. A savoir : un texte, et quel texte ! Des acteurs; tous parfaits, sans exception. Et une mise en scène dont l'élégante simplicité nous invite à une connivence apaisée, que les tumultueuses créations récentes nous avaient un peu fait oublier. Cela dit, "Derniers remords avant l'oubli" est tout le contraire d'une bluette. De l'amère dérision qui émane des rapports plus qu'ambigus entre les couples, à la médiocre et souriante veulerie des retours au fade quotidien, de la mort des illusions à l'âpre égoïsme qui entoure les questions d'argent, cette comédie pessimiste dresse un tableau rien moins que réjouissant de la société des hommes. Le personnage de Lise, l'adolescente, est là pour juger, du haut de sa pureté intacte, le méprisable spectacle d'adultes qui tentent, vainement, de l'intégrer à leur triste monde.

Pourtant, la dérangeante maturité de son regard sur les humains ne fait pas de Jean-Luc Lagarce un homme déjà vieux. Son théâtre est "créateur d'affrontements". Et s'il évite la "fausse insolence", il conserve, "au milieu des défaites", la légère et nécessaire ironie de la victoire". Gilbert Baqué

 

Derniers remords avant l'oubli - Les vagabonds - Théâtre du Pavé - Photo Patricia Tastet

 

Denis Rey, Francis Azéma, Corinne Mariotto

 

 

Florence Guilhem, dans La Voix du Midi, 3 mars 2oo5
"Hélène, Pierre et Paul vivaient ensemble. Ce qui les lie encore ? La fermette qu'ils avaient achetée du temps où ils croyaient possible la vie en communauté. Vingt ans plus tard, ils se retrouvent là. […] Des remords ? Peut-être bien. Ont-ils vraiment grandi ? Peut-être pas vraiment. Entre cynisme, vindicte et indifférence feinte émergent peu à peu les remords jusque-là inavouables, une dernière fois avant la fuite. Une fuite que Francis Azéma met remarquablement en scène, soutenu dans son travail par la compagnie "les vagabonds". C'est drôle et tragique à la fois. On rit, on se désespère de leur entêtement, on est ému. La rencontre entre les mots de Jean-Luc Lagarce et la troupe s'est faite." Florence Guilhem

 

Derniers remords avant l'oubli - Les vagabonds - Théâtre du Pavé - Photo Patricia Tastet

 Denis Rey, Francis Azéma, Corinne Mariotto

 

 

Cécile Brochard, dans Flash, 23 mars 2oo5 - (A propos du festival Lagarce...)

"Quand on entend Lagarce au théâtre, on entend avant tout les mots et la voix. Ses phrases semblent à peine réfléchies, soufflées en bouche par des acteurs dont on pourrait imaginer qu'ils improvisent et qu'ils les ont pensées eux-mêmes. A ceci près qu'on entend vite également, derrière l'apparente spontanéité, une musique trop raffinée pour être née du simple hasard des conversations qui se jouent. Un art du dialogue qui sait gommer après coup les artifices dont l'auteur s'est servi pour le construire. Qui transcende le naturel et rend subtilement lyrique le moindre échange, apparemment banal pourtant, entre les membres d'une même famille. C'est le cas dans "Juste la fin du monde" par exemple, où les procédés, comme les ourlets en haute couture sont tellement maîtrisés qu'on ne les voit plus. De la belle ouvrage, du travail d'orfèvre qui révèle par des phrases courtes, en apparence juste dites, en fait très écrites, prévues, syncopées au bon endroit, les hésitations et les fragilités de l'âme et des sentiments humains. Portée par le souffle, les hésitations, l'écriture de Lagarce nous restitue la respiration d'un homme profondément épris de nos échecs et de nos questionnements fragiles. Sous la douce cruauté d'une langue presque chantée, fredonnée, parfois hurlée quand la comédie humaine se fait trop douloureuse. Dans ce théâtre flotte partout "un air de famille"…

Alors, forcément souvent, c'est drôle et conjointement cruel : nous, fourmis engluées dans nos amours et nos désirs, nos regrets et nos ratages, quel spectacle ! On rit, ça nous rappelle nos dimanches en famille ou nos fâcheries d'amants tièdes. On se reconnaît ou on voudrait bien ne pas s'y reconnaître, au choix. Mais Lagarce creuse l'intime, fratrie, parents, amoureux, rien ne lui échappe. C'est l'humain tout petit mais universel qu'il débusque au coin d'une réplique grinçante, les rancoeurs, les non-dits, tout ce que l'on finit par se balancer quand on l'a trop gardé pour soi. C'est la vie dans toute sa complexité, ses petites mochetés, ses grands moments de solitude, de plaisir aussi. Il y a quelque chose de quasi chirurgical dans cette volonté douce mais obstinée à traquer le petit rien, le secret, le silence parlant. Alors c'est aussi douloureux, parfois désespéré. Heureusement, vu la place que ça prend un texte comme celui-là, Azéma le met en scène dans l'écoute, l'épure, le dépouillement. Tout est sobre, sans boursouflures, "dire le récit", "retourner au texte", "laisser chacun s'inventer ses images", s'effacer, c'est ce que font les acteurs des vagabonds. Avec talent et humilité." Cécile Brochard

 

Derniers remords avant l'oubli - Les vagabonds - Théâtre du Pavé - Photo Patricia Tastet

 

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 Cécile Maidon, Corinne Mariotto

 

 

 

A propos du festival "Lagarce..."

France Info

"Sortir, écouter, voir" de Claire Baudéan

Diffusion nationale 11 mars 2oo5

Pour écouter l'entrevue

de Francis Azéma

et Claire Baudéan cliquez ici

Flash Hebdo - 6 octobre 2oo4

Ramdam - mars-avril 2oo5

 

 

 

 

                                     
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